Le parcours de Nicolas Parent et son expérience auprès de plusieurs centaines d’apprenants l’ont conduit à décrocher au près de Microsoft le statut de MVP Excel. Voici notre interview exclusive de Nicolas Parent suivie de son parcours.
C’est quoi un MVP Excel ?
Le MVP Excel est une récompense officielle de Microsoft. « Un MVP Excel est une personne distinguée par Microsoft pour son expertise sur Excel et son engagement à partager ses connaissances. » Source (en anglais) : Microsoft ↗️. MVP signifie « Most Valuable Professional » que l’on peut traduire en français par « professionnel le plus précieux. »
3 Questions à Nicolas Parent, MVP Excel
Cleex. De tes débuts en comptabilité à ta nomination comme MVP Excel, quelle réalisation te rend le plus fier et pourquoi ?
Nicolas Parent : « Ma plus grande fierté est l’impact que nous avons sur le quotidien de dizaines de milliers utilisateurs d’Excel au travers de nos formations et de nos réseaux sociaux. Récemment, nous avons dépassé les 3 millions de vues sur YouTube. Je prends deux secondes pour réaliser… Wouah, 3 MILLIONS !
Je n’y aurais jamais cru quand j’étais étudiant et que je débutais dans le métier. Quelle fierté de voir que nos vidéos aident concrètement notre communauté : je me sens vraiment utile. Être reconnu MVP aujourd’hui est une consécration et c’est avant tout le fruit du travail de toute l’équipe Morpheus. »
Cleex. Peux-tu nous raconter le cas d’un apprenant dont le quotidien professionnel a changé grâce à Excel. Un exemple concret de ce qu’il faisait avant et après sa formation ?
Nicolas Parent : « C’est difficile d’en choisir un en particulier tant il y en a, alors je vais jouer la carte de l’originalité. Je me suis déplacé trois jours dans une abbaye à la frontière suisse pour former quatre nonnes sur Excel. Je peux dire que leur quotidien à changer car les fichiers qu’on a créés ensemble sont encore utilisés aujourd’hui ! Mais qu’apprennent des nonnes sur Excel ?
Concrètement, nous avons conçu des tableaux de suivi et de bord pour calculer le coût de revient des recettes, gérer les stocks de récoltes et suivre les ventes à la boutique. Une expérience incroyable où je leur ai même montré comment utiliser ChatGPT pour générer une formule Excel. Elles ont adoré ! Comme quoi, Excel est vraiment accessible et utile à tout le monde. »
Cleex. À l’heure où l’IA peut générer des formules et aider à analyser des données, quelles compétences Excel faut-il absolument maîtriser pour rester autonome et éviter les erreurs ?
Nicolas Parent : « L’IA est surtout utile à celles et ceux qui maîtrisent déjà les bases d’Excel. Il faut connaître les bonnes pratiques (les tableaux structurés avant tout !), les fonctions clés (RECHERCHEX, SI, FILTRE…) et les outils utiles pour l’analyse de données (Power Query, TCD, graphiques…). Je suis convaincu que la compétence d’aujourd’hui (et qui restera demain) est de gérer la donnée et superviser l’IA.
Comment vérifier un résultat renvoyé par l’IA si on ne sait pas l’analyser ? La vraie valeur ajoutée d’un professionnel, c’est de comprendre ce qui est réalisable dans Excel pour bien prompter l’IA, corriger ses erreurs et transmettre une information 100% fiable. »
Le parcours de Nicolas Parent
Comment passe t-on de comptable qui utilise Excel à formateur Excel qui forme les comptables, puis à MVP Excel ? Voici le parcours de Nicolas Parent, de ses débuts à aujourd’hui.
Le parcours de Nicolas Parent commence dans la comptabilité. Pendant son diplôme de comptabilité et de gestion, le DCG, un professeur lui fait découvrir une utilisation du tableur qui dépasse la simple saisie de chiffres. Excel devient un moyen de structurer des informations, d’analyser une situation et de résoudre des problèmes.
Cette découverte ouvre la voie à la transmission. Après avoir accompagné ses collègues, Nicolas Parent se spécialise dans la formation et forme des professionnels depuis 2018. En 2021, il cofonde Morpheus Formation avec Sacha Letullier. Officiellement nommé MVP Excel par Microsoft en 2026, Nicolas Parent s’occupe d’animer des formations Excel et de construire des parcours adaptés aux apprenants.
Les idées reçues freinent les personnes qui veulent progresser
Pour Nicolas Parent, le premier piège consiste à vouloir apprendre Excel dans son ensemble avant de l’utiliser efficacement. Il résume sa position ainsi :
« Il ne faut pas apprendre tout le logiciel. »
L’étendue du tableur peut donner l’impression qu’il faudrait connaître une multitude de fonctions pour devenir compétent. Or les besoins diffèrent fortement selon les métiers. Rapprocher des listes clients, consolider des exports ou préparer une synthèse pour sa direction ne mobilise pas exactement les mêmes compétences.
L’apprentissage devient plus utile lorsqu’il part d’une difficulté identifiable. L’enjeu est de choisir ce qui permettra de réaliser une tâche avec davantage de fiabilité et d’autonomie.
Comment évaluez-vous le niveau d’un apprenant ?
Dans l’entretien, Nicolas Parent explique qu’il commence volontiers une formation individuelle par un exercice. Cette mise en situation lui permet d’observer la manière dont la personne travaille : ce qu’elle comprend, ce qu’elle fait spontanément et les étapes où elle hésite.
Un questionnaire peut compléter ce diagnostic, mais il ne dit pas tout. Reconnaître le nom d’une fonction ne garantit pas de savoir l’utiliser face à un fichier incomplet ou mal organisé.
Cette observation aide à construire un programme pertinent. Deux personnes qui se déclarent de niveau intermédiaire peuvent avoir des besoins très différents : l’une manque de repères dans les formules, tandis que l’autre cherche surtout à fiabiliser ses mises à jour.
Qu’apporte une formation adaptée au métier de la personne ?
Pour Nicolas Parent, la personnalisation permet de relier immédiatement une notion à son usage. Un exercice proche du quotidien professionnel donne une raison de comprendre la méthode et de la réutiliser.
Le métier, le niveau et les fichiers utilisés servent donc de points de départ. Une personne qui prépare un reporting mensuel n’a pas forcément besoin du même parcours qu’un collègue chargé de contrôler une base de données.
Cette adaptation concerne aussi le rythme. Un programme fournit un cadre, mais les difficultés rencontrées pendant la séance doivent pouvoir faire évoluer les explications et les exercices. La formation gagne en intérêt lorsqu’elle répond aux besoins réellement observés.
Formation individuelle ou collective : comment choisir ?
L’entretien fait ressortir les avantages de chaque format. En individuel, le formateur peut approfondir une difficulté spécifique, travailler sur un cas particulier et ajuster rapidement la progression.
En groupe, le recueil des attentes et le tour de table permettent d’identifier des besoins communs. Le choix des exemples devient essentiel pour que chacun trouve un lien avec son activité.
Le format se choisit donc à partir de l’objectif. Lorsqu’une équipe rencontre les mêmes difficultés, une formation collective peut être pertinente. Lorsqu’une personne doit résoudre un problème propre à ses fichiers, un accompagnement individuel peut mieux répondre à sa situation.
Une certification suffit-elle à montrer que l’on maîtrise Excel ?
Nicolas Parent indique avoir obtenu un niveau expert au TOSA, également mentionné dans sa biographie. Il présente la certification comme un repère utile pour situer ses acquis et valoriser ses compétences.
Il invite toutefois à la compléter par la pratique. Un score ne résume pas toute la capacité à comprendre une demande, trouver l’origine d’une erreur ou construire un fichier qu’un collègue pourra reprendre.
La compétence s’observe aussi dans le résultat : un calcul contrôlé, une synthèse compréhensible ou une mise à jour qui fonctionne avec de nouvelles données. La certification et la réalisation d’un cas concret apportent ainsi des éclairages complémentaires.
À quoi reconnaît-on un bon accompagnement Excel ?
L’adaptation revient comme un fil conducteur de l’entretien. Un accompagnement pertinent commence par des questions sur les tâches réalisées et les difficultés rencontrées. Il cherche ensuite à définir un résultat concret.
La place laissée à la manipulation compte tout autant. L’apprenant doit pouvoir essayer, se tromper, comprendre les contrôles à effectuer et refaire la méthode.
Pour Nicolas Parent, la finalité reste l’autonomie. Une formation utile donne les moyens de réutiliser ce qui a été appris et d’expliquer son fonctionnement. Les retours des participants permettent ensuite d’améliorer les exercices et de faire évoluer les contenus.
Quel premier pas accomplir si vous souhaitez progresser ?
Le point de départ proposé dans l’entretien est accessible : choisir une tâche qui pose problème, puis apprendre ce qui permettra de l’améliorer.
Il peut s’agir d’un suivi difficile à actualiser, d’informations recherchées à la main ou d’une suite de manipulations répétitives. Un objectif limité aide à observer les progrès et à vérifier que la solution fonctionne réellement.
Le signe d’une compétence acquise est de pouvoir refaire la tâche sans assistance, l’adapter à un autre fichier et transmettre sa méthode à un collègue.
Nicolas Parent rejoint notre série d’interviews sur « les boss d’Excel » que vous pouvez suivre dans notre rubrique d’actualité sur Excel.
Si vous souhaiter trouver la formation idéale pour vous, Cleex vous propose un guide complet pour monter en compétence et gagner du temps sur Excel : voir notre guide pour bien choisir sa formation.
Autres liens utiles : Page LinkedIn officielle de Cleex – Contacter Nicolas Parent.